Programme de Coordination et dAssistance pour la Sécurité et le Développement (PCASED)
I
Historique1. En novembre 1996, lInstitut des Nations Unies pour la Recherche et le Désarmement (UNIDIR), le Département des Affaires Politiques (DPA) des Nations Unies et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont organisé en collaboration avec le Gouvernement du Mali une conférence internationale intitulée «La Prévention des Conflits, le Désarmement et le Développement en Afrique de lOuest». La conférence a adopté la proposition malienne appelant les Etats africains intéressés à déclarer un moratoire sur lexportation, limportation et la production darmes légères. La conférence a recommandé des actions de sensibilisation des Etats de la sous-région et lOUA dans le but délargir la compréhension de la proposition. La conférence a également recommandé que le régime futur du moratoire soit consolidé par un dialogue avec les Etats producteurs et fournisseurs darmes appartenant aux Arrangements de Wassenaar.
2. A la suite de ces recommandations, le Secrétariat de lOUA a été informé sur la proposition du moratoire que lOUA considère non pas uniquement comme un élément pour le renforcement mais également comme un important précurseur du système dalerte de lOUA en préparation. Par la suite, des membres du secrétariat de la conférence ont tenu des discussions avec les amis du Président des Arrangements de Wassenaar à Vienne dans le but de les informer sur la proposition du moratoire et les initiatives de désarmement en Afrique de lOuest, afin de préparer cette institution à soutenir la mise en place future du moratoire. Les amis du Président félicitèrent les Etats de lAfrique de lOuest pour cette audacieuse et nouvelle approche pour le contrôle des armements dans la sous-région et sengagèrent à attirer lattention du secrétariat de cette institution alors en cours détablissement sur cette évolution.
3. En février 1997, à Tripoli, en Libye, la délégation du Mali au Conseil des Ministres des Etats Membres de lOUA a organisé des sessions dinformation sur la proposition du moratoire en marge de la rencontre ministérielle de lOUA avec un certain nombre de délégations, en particulier les suivantes: lAlgérie, le Burundi, le Burkina Faso, la Côte dIvoire, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, la Mauritanie, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra-Leone et le Tchad. Lobjectif de ces entretiens auxquels le Secrétaire Général de lOUA a participé était de placer la proposition du moratoire à un niveau politique élevé afin de soutenir la dynamique du désarmement et la prévention des conflits conçue à Bamako, et inviter par la même occasion les gouvernements intéressés à une consultation ministérielle sur le sujet à Bamako le 26 mars 1997. Lobjectif de cette consultation qui a eu lieu comme prévue, était dexaminer les aspects politiques et techniques du moratoire.
4. Les représentants des gouvernements suivants ont pris part à la consultation ministérielle: lAlgérie, le Burkina Faso, la Guinée, le Liberia, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Les participants suivants étaient observateurs: les représentants du système des Nations Unies, les représentants de lOUA, le Secrétaire Général de lANAD (Accord de Non-Agression et dAssistance en Matière de Défense), un représentant du Président des Arrangements de Wassenaar, les représentants de lAgence Américaine pour le Contrôle des Armes et le Désarmement (ACDA), le Directeur de lInstitut Norvégien des Affaires Internationales (NUPI). Des discours programmes ont été prononcés par le Ministre des Affaires Etrangères du Mali, le Vice-Président de lAgence Canadienne pour le Développement International (au nom du Ministre de la Coopération Internationale) et le Conseiller Spécial du Ministre des Affaires Etrangères du Japon, Président du Groupe des Experts gouvernementaux des Nations Unies sur les petites armes.
5. La consultation a adopté un document liminaire du moratoire et a recommandé, entre autres, deux domaines daction: a) La poursuite de la sensibilisation et de la mission dinformation en vue de faciliter la compréhension des conditions techniques et politiques pour la déclaration du moratoire; b) Létablissement dun mécanisme dénommé: Programme de coordination et dassistance pour la sécurité et le développement (PCASED).
6. Par ailleurs, la Délégation Présidentielle du Mali au sommet de lOUA à Hararé en juin 1997, avec lappui technique des Nations Unies, a poursuivi la sensibilisation au niveau de certaines délégations présidentielles. Ces contacts ont permis lévolution de la compréhension de la proposition du moratoire au niveau politique le plus élevé dans un bon nombre de pays africains au-delà de lAfrique de lOuest. Mais force est de signaler que pour une question aussi délicate que sensible comme le moratoire, la sensibilisation est toujours en cours à tous les niveaux.
7. Des missions de sensibilisation pour assurer lappui de la communauté internationale au PCASED ont été organisées et dautres sont encore prévues dans un certain nombre de pays donateurs et institutions y compris 1Union Européenne, en vue daccroître lappui politique et financier nécessaire à la mise en place et au bon déroulement du PCASED. Les réponses dans les pays visités par les membres du Secrétariat de la Conférence et des hauts fonctionnaires du Gouvernement malien ont été très encourageantes, démontrant ainsi un soutien croissant pour lintégration effective des préoccupations sécuritaires dans les politiques de coopération en matière de développement dans les pays donateurs. Ceci constitue une évolution significative dans le cadre de la construction de la paix et la prévention des conflits dans les pays en voie de développement. A ce propos, létablissement du PCASED représente également la concrétisation dune des recommandations principales faites en octobre 1996, à New York lors de la consultation de Haut Niveau sur la construction de la paix après les conflits en Afrique de lOuest, organisée avec lassistance financière du Gouvernement des Pays-Bas sous les auspices du Secrétaire Général des Nations Unies et coprésidée par lAdministrateur du PNUD et le Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies aux affaires politiques. Cette consultation qui a rassemblé les 16 pays membres de la CEDEAO et plus de 20 représentants des principaux gouvernements et institutions donateurs, a exprimé le besoin détablir un mécanisme de coordination des programmes de développement et des problèmes politiques.
II
Mandat du PCASED8. Le PCASED sera un programme technique dune durée initiale de 5 ans, opéré par les Nations Unies à travers le PNUD, ayant comme objectif de soutenir et de faciliter le régime du moratoire, les pratiques liées au développement et les activités liées à la sécurité y compris, autant que donner ce quon peut dassistance nécessaire pour le ramassage du surplus darmes dans les pays qui ont été dévastés par les conflits armés. II sera pleinement opérationnel aussitôt quun ou plusieurs gouvernements aura déclaré le moratoire. Cependant, un secrétariat technique sera mis en place en avance pour assister les gouvernements intéressés à comprendre largement les aspects techniques et politiques de la proposition et facilitant ainsi la décision politique pour la déclaration du moratoire.
9. Le programme permettra de rendre effectives les recommandations pertinentes de la mission consultative du Secrétaire Général des Nations Unies sur la proliférations des armes légères dans la région sahelo-saharienne aussi bien que dassurer un suivi régulier du moratoire, y compris la coordination des différentes activités qui auront lieu pendant les 3 premières années du moratoire et au-delà. De telles activités visent à:
v coordonner les efforts des Etats Membres en matière de sécurité et de désarmement;
v fournir une assistance technique à la mise en uvre et à lharmonisation des politiques des Etats Membres en matière de désarmement et de sécurité;
v appuyer les efforts des Etats Membres dans linstallation et la revitalisation des commissions nationales chargées de la lutte contre la prolifération des petites armes;
v favoriser linstallation et le fonctionnement dune banque de données et dinformation, sur les mouvements darmes dans la sous-région;
v fournir un appui technique aux efforts de sensibilisation des Etats Membres en vue de ladhésion de nouveaux Etats à la déclaration sur le moratoire;
v appuyer les efforts des Etats Membres en vue de lharmonisation de leurs législations nationales en matière de port, dutilisation et de fabrication des armes légères;
v appuyer la mise en place et le fonctionnement dun registre sous-régional sur les armes légères;
v assister les Etats Membres dans leurs actions de contrôle des frontières.
Dune façon générale, la structure assurera la collecte et la diffusion des informations relatives aux questions dinsécurité et de désarmement et apportera lassistance nécessaire aux Etats Membres dans la réalisation de programmes participant à la lutte contre la prolifération des armes légères.
10. Ce présent document décrit la structure et le coût du Programme avec le but de mobiliser des ressources pour sa mise en place.
III
La Structure11. Le Programme sera composé des unités de contrôle et de supervision du moratoire; lunité dentretien de la banque des données du registre des armes; lunité de formation, la recherche de suivi des programmes et dorganisation des conférences; le secrétariat et le service de publication; ladministration.
A) Lunité de contrôle et de supervision du moratoire
12. Cette unité sera en liaison avec les Etats Membres sur les questions se référant au moratoire. Elle mènera dune manière appropriée qui sera définie dun commun accord avec les Etats Membres les activités de contrôle, de supervision et dinspection en vue dassurer la mise en place effective du moratoire. Elle fournira également aux Etats Membres des conseils sur le plan politique et juridique en tant que de besoin dans le but de renforcer la coopération et les mesures de confiance dans la région. Elle organisera la conférence des Ministres pour lévaluation du moratoire après trois années deffectivité et ce en conformité avec la décision de la consultation ministérielle du 26 mars 1997.
13. La principale fonction de cette unité sera dexpédier les affaires courantes du moratoire et formuler des propositions sur les voies et moyens nécessaires en vue de contrôler le flux darmes illicites dans la région.
B) Lunité dentretien de la banque des données
du registre des armes et la recherche14. Une banque des données sera créée pour collecter et mémoriser des informations sur le flux darmes légères dans la région et maintenir une documentation électronique sur le type et le nombre de crimes imputables à lusage de cette catégorie darmes. Lunité aura la responsabilité détablir un registre des armes similaire à celui détenu par le Secrétaire Général des Nations Unies, mais élargi à dautres éléments tels que les petites armes et le nombre des forces armées des Etats Membres intéressés comme convenu à la consultation ministérielle du 26 mars 1997.
15. II sera demandé aux Etats Membres du moratoire de fournir à lunité un rapport annuel régulier contenant des informations sur les armes quils possèdent et les commandes qui ne seront pas couvert par le moratoire. II devrait être clair que sous le régime du moratoire une dispense pour limportation darmes peut être délivrée à la demande dun Etat Membre faisant face à de sérieuses difficultés de sécurité. Pour plus dinformations sur cette disposition, voir lannexe I.
16. Le contrôle du flux darmes légères à travers la banque de données peut être un système dalerte efficace en ce sens quun important transfert de flux darmes dune zone à une autre peut aider à détecter où la tension et la violence se préparent. Dun autre côte le registre des armes qui prendra en compte les réalités de la défense et de sécurité des pays concernés peut dune façon significative contribuer à promouvoir la confiance et la foi au bon voisinage.
17. Les statistiques et autres données sur la défense et la sécurité ne sont pas toujours facilement disponibles en Afrique à cause du manque dinstitutions de recherche en la matière et le caractère secret qui a entouré depuis toujours les questions de base relatives à la défense et à la sécurité. Les discussions politiques de grande portée sur la proposition de moratoire et lheureuse ouverture démocratique de plusieurs Etats dans la région contribuent maintenant à la vulgarisation de ces questions. Le PCASED saisira lopportunité de son avantage comparatif en tant quune émanation de la volonté politique des gouvernements intéressés à faire perdurer la vulgarisation de ces questions à travers létablissement dune base de recherche à lintérieur de cette unité. A ce propos, lunité coopérera sur le plan technique avec des institutions similaires et reconnues à lintérieur et en dehors de lAfrique telles que lInstitut Français des Relations Internationales (IFRI), lAgence Américaine de Contrôle des Armes et du Désarmement (ACDA), lInstitut International sur la Recherche de la Paix à Stockholm etc. Elle effectuera des publications périodiques des résultats de recherche. La capacité de recherche sera renforcée par létablissement et lentretien dun réseau déchange avec les chercheurs individuels et les institutions appropriées.
C) Lunité de formation, de suivi des programmes et
dorganisation des conférences18. Cette unité organisera des conférences sur les questions spécifiques et pertinentes en rapport avec les petites armes et élaborera des programmes de formation pour les forces de sécurité dans le but détablir des mesures capables de renforcer les services de la police et dautres forces civiles chargées de la sécurité intérieure et du contrôle des frontières.
19. Lunité devra aussi fournir: une assistance pour la mise à jour et lharmonisation des législations nationales sur le port des petites armes; un conseil technique au programme de rachat des armes; la collecte et la destruction des petites armes comme survenu au Mali en mars 1996, devraient être une part de la responsabilité de lunité.
D) Lunité de secrétariat et le service de publication
20. Le Secrétariat coordonnera le travail des unités et devra publier un bulletin annuel sur le travail du PCADES pour linformation des Etats Membres et du Public.
E) Administration
21. Lunité dadministration devra assurer les tâches journalières de ladministration du personnel et le budget du programme.
22. Le programme devra maintenir des contacts étroits avec les commissions nationales pour le contrôle et la collecte des petites armes, ces commissions existent pratiquement dans un grand nombre de pays de la sous-région suivant les recommandations de la mission consultative du Secrétaire Général des Nations Unies comme mentionné précédemment. II fournira des conseils et si possible un soutien technique à ces commissions et servira également de lieu déchange des expériences et programmes nationaux.
IV
Le Personnel23. Le PCASED sera dirigé par un fonctionnaire de haut niveau en qualité de Directeur. Les unités ci-dessus seront dirigées par les fonctionnaires dun niveau approprié conformément aux pratiques des Nations Unies, des assistants pour le secrétariat et le bureau devront être recrutés. Des consultants devront également être recrutés en fonction du volume de travail. Des stages pour étudiants au sein du PCASED seront encouragés.
V
Fournitures et Equipement24. Léquipement devra comprendre: 6 ordinateurs, 3 fax, 2 photocopieuses, 2 voitures, des tables de travail, des chaises, un lot de téléphone, tout autre matériel nécessaire. Des arrangements devront être faits pour que le siège du PCASED soit pris en charge par le gouvernement daccueil.
VI
Durée du PCASED25. Le PCASED sera un programme technique dune durée initiale de cinq ans sponsorisé par le PNUD, le DPA et lUNIDIR. Sa durée initiale comprendra les trois premières années du moratoire et deux ans supplémentaires pour consolider le régime post moratoire. II devra être implanté dans un Etat Membre du moratoire.
VII
Renforcement de la Capacité Operationnelle du PCASED:
Le Conseil Consultatif26. Un nombre de personnes ressources avec des intérêts personnels ou institutionnels sur le désarmement et les institutions de développement en Afrique de lOuest ont joué un rôle clé dans les discussions informelles et officielles qui ont permis de soutenir la volonté politique des gouvernements à poursuivre leurs efforts pour la mise en place de la proposition du moratoire qui, en terme politique, constitue véritablement un tournant décisif dans les propositions de contrôle darmes en Afrique. Ils ont également contribué aux consultations gouvernementales sur le moratoire aussi bien que lassistance dans la mobilisation des ressources nécessaires pour la mise en place du PCASED.
27. En vue de maximiser lefficacité du PCASED, un groupe de conseillers constitué de près de 10 personnes ressources devra être mis en place. Lobjectif du groupe de conseillers sera de fournir un conseil politique et technique au PCASED sur des questions que le Directeur jugera nécessaires. Le groupe fera des commentaires et observations sur le programme de travail du PCASED. Les personnes faisant partie du groupe seront choisies à lintérieur et à lextérieur de lAfrique sur la base de leur capacité individuelle. Le groupe peut se rencontrer à la fin de chaque année dactivité en vue daider à lévaluation des activités de lannée et faire des suggestions sur lannée à venir.
VIII
Processus et Méthodologie dInstallation28. Cest évident que les fonds nécessaires qui permettront aux activités du PCASED datteindre son fonctionnement optimum ne peuvent être obtenus en une seule fois. A cet effet linstallation, y compris le personnel et la programmation des activités, sera progressive. Elle commencera en janvier 1998 lorsque le Secrétariat et lUnité Administrative seront mis en place en vue dassurer au maximum la sensibilisation des gouvernements intéressés dans la région sur les aspects techniques et politiques du moratoire et darranger la logistique liée à létablissement des structures et lacquisition de léquipement nécessaire au programme. II est attendu que toutes les unités seront pleinement fonctionnelles pendant la seconde moitié de 1998.
29. Eu égard aux programmes et activités, un atelier réduit des représentants des gouvernements intéressés et autres experts sera organisé en mars 1998 pour définir les priorités à court et long terme du programme daction sur la base des éléments contenus dans le chapitre II ci-dessus.
IX
Langues du PCASED30. LAnglais et le Français seront les langues de travail du PCASED.